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Qu’est-ce qui se cache derrière le nouvel accord de paix entre Israël et les Émirats arabes unis ?

Qu’est-ce qui est requis par ce nouvel accord de paix, connu sous le nom d’Accord d’Abraham ?

L’accord entre Israël et les Émirats arabes unis promet d’établir des relations normales entre les deux pays. Celles-ci comprennent des relations commerciales, du tourisme, des vols directs, une coopération scientifique et, à terme, des liens diplomatiques complets au niveau des ambassadeurs. Il est toutefois peu probable que les Émiriens installent leur ambassade à Jérusalem. Un élément important de l’accord d’Abraham, bien qu’il ne soit pas spécifiquement énoncé, est le renforcement de la coopération en matière de sécurité contre les menaces régionales, en particulier l’Iran et ses mandataires. Il est important de noter qu’Israël et les Émirats arabes unis auraient déjà des liens en matière de sécurité, mais l’accord les met au grand jour.

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Selon le gouvernement émirati, l’accord « arrête immédiatement » les plans israéliens d’annexer certaines parties de la Cisjordanie et donne l’occasion à Israël et aux Palestiniens de reprendre les négociations pour mettre fin à leur conflit. Les responsables israéliens utilisent le mot « suspension ». La différence de langage représente la politique à laquelle le dirigeant de chaque pays est confronté. Dans le cas des EAU, le prince héritier Mohammed bin Zayed s’est clairement senti obligé de démontrer que des relations normales avec les EAU n’étaient pas gratuites pour les Israéliens. Pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’utilisation du terme « suspendre » est un effort pour apaiser les groupes et factions politiques pro-annexion, qui ont déjà critiqué l’accord.

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Israël et les Émirats arabes unis ont progressé vers la normalisation ces dernières années. En 2015, Israël a ouvert un bureau diplomatique dans la capitale émiratie d’Abou Dhabi lié à l’Agence internationale pour les énergies renouvelables ; de hauts responsables israéliens se sont rendus à Abou Dhabi ; des athlètes israéliens ont participé à des compétitions régionales aux EAU ; et Israël devrait participer à l’Exposition universelle 2020 de Dubaï, dont l’ouverture est désormais prévue en octobre 2021 en raison de la pandémie de coronavirus.

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Un élan significatif en faveur d’un accord a commencé lorsqu’Israël n’a pas commencé le processus d’annexion des territoires de Cisjordanie le 1er juillet comme Netanyahu l’avait indiqué. Les Emiratis auraient saisi l’occasion pour promettre une normalisation complète des relations si l’annexion était retirée de la table. C’était le sous-texte d’un éditorial que l’ambassadeur émirati aux États-Unis a publié dans le plus grand quotidien israélien, Yedioth Ahronoth, en juin. Sympathisant avec le fort désir israélien d’élargir les relations diplomatiques officielles du pays avec les nations arabes du golfe Persique et saisissant le signal émirati, l’administration de Donald J. Trump a supervisé la diplomatie à trois qui a abouti à l’accord d’Abraham.

Comment cela pourrait-il affecter les relations israélo-palestiniennes et, plus largement, la région ?

Malgré l’apparente promesse israélienne de mettre fin à l’annexion, les dirigeants palestiniens ont rejeté l’accord et rappelé leur ambassadeur d’Abou Dhabi. Du point de vue des Palestiniens et de leurs partisans, l’accord reflète la mauvaise foi d’Israël, des EAU et des États-Unis, puisque les Israéliens et les Emiratis avaient normalisé leurs liens avant même l’accord d’Abraham.

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Cette critique n’est pas injustifiée. Israël a montré peu d’intérêt pour les négociations avec les Palestiniens, car il a resserré son emprise sur la Cisjordanie et, avec l’Égypte, maintient un cordon étroit autour de la bande de Gaza. L’administration Trump a déplacé l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, a mis fin ou considérablement réduit l’aide aux Palestiniens, et a produit un plan de paix que les Palestiniens considèrent comme grossièrement injuste pour leurs aspirations et leurs droits nationaux. Dans le même temps, les dirigeants de Ramallah considèrent la normalisation en cours des liens entre Israël et les EAU comme une indication qu’Abu Dhabi a trahi la cause palestinienne. Pour leur part, les Émiriens ne veulent pas subordonner leurs intérêts nationaux à une direction palestinienne inefficace et corrompue. Tout cela suggère qu’à court terme, toute attente de nouvelles négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne est déplacée.

La nuit, le bâtiment de l'hôtel de ville à plusieurs étages de Tel Aviv est éclairé pour ressembler au drapeau des Émirats arabes unis

Le bâtiment de l’hôtel de ville de Tel Aviv est éclairé aux couleurs du drapeau national des Émirats arabes unis. Jack Guez/AFP/Getty Images
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Dans la région, Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie et Oman ont publiquement salué l’accord d’Abraham. L’Arabie saoudite est restée silencieuse, bien que les analystes pensent que cette absence de réaction est le signe que le prince héritier Mohammed bin Salman soutient l’accord mais qu’il est limité par le fait que son père, le roi, s’oppose à la normalisation avec Israël. L’Iran, le Qatar et la Turquie ont tous critiqué l’accord, ce dernier menaçant de retirer son ambassadeur d’Abu Dhabi. Les organisations de la société civile de toute la région restent fermes dans leur opposition à la normalisation des relations avec Israël. Il s’agit notamment de groupes du Golfe, qui se sont prononcés spécifiquement contre l’accord israélo-émirati.

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Des accords similaires sont-ils en préparation avec d’autres États arabes ?

Parmi les pays du Golfe, Bahreïn est le plus susceptible de suivre les Émirats arabes unis. Le roi Hamad a supervisé des mesures de normalisation, notamment en autorisant des responsables israéliens à assister à une réunion sur la sécurité régionale dans le pays. En outre, le ministre israélien des Affaires étrangères a rencontré son homologue bahreïni et le prédécesseur de ce fonctionnaire.

Oman est un autre candidat possible à la normalisation. Netanyahu a rencontré le défunt sultan Qaboos bin Said à Mascate à la fin de 2018. Cependant, le sultan Haitham bin Tariq, qui est arrivé au pouvoir en janvier 2020, pourrait agir de manière plus prudente en ce qui concerne les relations avec Israël alors qu’il consolide son pouvoir.

Le Maroc et le Soudan pourraient également chercher à établir des relations diplomatiques avec Israël.

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